Villa Stein-de-Monzie, "Les Terrasses", Garches (Vaucresson), France, 1926
Cette maison représente une étape importante où se sont trouvés réunis les problèmes du confort, du luxe et de l'esthétique architecturale. La maison est entièrement supportée par des poteaux disposés à équi-distance de 5 m et 2 m 5 sans souci du plan intérieur. Si l'on rassemblait côte à côte ces poteaux, ils formeraient un faisceau de 1 m 10 X 80 cm de section. Ainsi donc, cette vaste maison est portée entièrement par une section de béton de 1 m 10 X 80 cm. La disposition indépendante des poteaux répand dans toute la maison une échelle constante, un rythme, une cadence reposante. Les façades sont considérées comme des apporteuses de lumière. Aucune d'elles ne repose sur le sol. Elles sont au contraire suspendues aux planchers en porte-à-faux. Ainsi,la façade ne porte plus les planchers ni la toiture; elle n'est plus qu'un voile de verre ou de maçonnerie clôturant la maison.

A l'intérieur, le plan est libre, chaque étage ayant des dispositions totalement indépendantes, proportionnées rigoureusement à des fonctions particulières : les cloisons ne sont plus que des membranes. L'impression de richesse n'est pas fournie par des matériaux de luxe, mais simplement par la disposition intérieure et par le proportionnement. Toute cette maison obéit à des tracés régulateurs rigoureux qui ont conduit à modifier, à 1 cm près, les côtes des différentes parties. La mathématique apporte ici des vérités réconfortantes: on ne quitte son ouvrage qu'avec la certitude d'être arrivé à la chose exacte.

Symphonie des éléments nouveaux : pilotis, ossature indépendante, plan libre, façade libre, toit-jardin.

En établissant un jardin sur le toit, on met à l'abri de la dilatation, en été, la dalle de béton. En hiver, le jardin isole du froid. Le jardin est un complément logique du toit plat.

Les poteaux, alignés comme des soldats, font leur travail qui est : porter les planchers.

Les locaux, les salles, les chambres ?

On les disposera à volonté, selon les contiguïtés utiles, suivant une organisation propre : problème d'économie domestique ou de plastique, désormais débarrassé des sujétions de la statique.

Extrait de Le Corbusier, Oeuvre complète, volume 1, 1910-1929
fleche_left
fleche_right
Villa Stein-de-Monzie, "Les Terrasses", Garches (Vaucresson)
Photo : Olivier Martin-Gambier 2006
© FLC/ADAGP
1/8
Villa Stein-de-Monzie, "Les Terrasses", Garches (Vaucresson)
© FLC/ADAGP
2/8
Villa Stein-de-Monzie, "Les Terrasses", Garches (Vaucresson)
© FLC/ADAGP
3/8
Villa Stein-de-Monzie, "Les Terrasses", Garches (Vaucresson)
© FLC/ADAGP
4/8
Villa Stein-de-Monzie, "Les Terrasses", Garches (Vaucresson)
© FLC/ADAGP
5/8
Villa Stein-de-Monzie, "Les Terrasses", Garches (Vaucresson)
© FLC/ADAGP
6/8
Villa Stein-de-Monzie, "Les Terrasses", Garches (Vaucresson)
© FLC/ADAGP
7/8
Villa Stein-de-Monzie, "Les Terrasses", Garches (Vaucresson)
© FLC/ADAGP
8/8